Bilan du CPER 2007-2015, Chemins de fer de provence

Le Contrat de plan Etat-Région sur les travaux d’infrastructure du réseau ferroviaire des Chemins de fer de Provence, basé sur le diagnostic de 2007 des ouvrages d’art, passages à niveau et voies, et le rapport d’inspections détaillées réalisé dès 2011, permet d’évaluer les besoins et l’enveloppe budgétaire nécessaire, d’un montant estimé à 60,75 M €.

Les chiffres des Chemins de fer de Provence, donnent le tournis : 151 km de voie métrique, 7 tronçons ouverts, 1000 ouvrages d’art, dont 30 tunnels et 30 ponts et viaducs de longue portée, avec un point culminant à 1022 mètres d’altitude ! L’entretien de toute cette infrastructure induit donc un coût important, à évaluer et à ventiler en fonction des urgences : la ligne fut en effet menacée en 2008, compte tenu de son état… Un diagnostic hiérarchise les travaux, avec comme priorités la sécurité, la fiabilité et la performance.

Le CPER initial faisait état d’un investissement de 55 M €, revu à la hausse à mi-parcours pour un montant supplémentaire de 5,75 M €, soit un total estimé à 60,75 M €. L’ensemble des opérations a été mené en maîtrise d’ouvrage directe par le service des Chemins de fer de Provence à la Direction des Transports et des Grands Equipements, via des appels d’offres et en portant une attention particulière aux dimensions sociales et environnementales : recrutement d’ouvriers au chômage, tri, recyclage, étude d’impact... 101 km de rails neufs ont ainsi été posés sur les 150 reliant Nice à Digne, via Plan-du-Var, entre 2008 et 2015. Sur les 264 passages à niveaux du tracé, un diagnostic de 10 d’entre eux, automatisés, a été effectué, 10 autres sont en cours d’automatisation cette année et celui de Pont Charles Albert, dans la plaine du Var, est automatisé.

 Concernant les ouvrages d’art, 34 ponts, 44 murs et 5 tunnels ont été réparés ou reconstruits et 95 ouvrages ont été auscultés lors d’une série de campagnes d’inspections détaillées pour évaluer l’état du patrimoine. Située en milieu montagneux, la ligne est exposée aux risques de chutes de blocs donc 22 falaises ont été équipées. L’accessibilité aux personnes à mobilité réduite n’a pas été oubliée, avec des aménagements effectués sur 11 des 56 quais et sur 7 points d’arrêt. 19 quais en gare et 17 dans des haltes restent à mettre en conformité, pour atteindre notamment la longueur règlementaire de 65 mètres. 39 bâtiments nécessaires à l’exploitation ont été réhabilités. Le bilan financier d’avril 2015 fait état d’une économie de 3,2 % par rapport au prévisionnel de 2009, avec un investissement d’un peu plus de 59 M €. Cependant, sur le global, on note des dépassements concernant l’étude de développement, avec 20 % de plus, les dépenses effectuées sur la voie, de l’ordre de 10 %, et les travaux sur les passages à niveaux, avec un écart de 33,9 %. Mais le résultat est indiscutable : renforcement de la sécurité, pérennisation des ouvrages fragilisés et gain de confort pour les passagers. Ainsi, les ralentissements des rames sur le parcours ont sensiblement diminué, les déraillements et ruptures de rails ont cessé et le temps de parcours en zone périurbaine, entre Nice et Plan-du-Var a légèrement diminué.

Conséquence de cette amélioration, le nombre de voyageurs a plus que doublé de 2011 à 2014, comme ont pu le démontrer les ventes de cartes « Zou ». Sans compter que les bases d’un développement futur ont pu être posées dans le cadre de l’entretien du réseau. Aussi, la poursuite de la régénération de la partie inter urbaine est naturellement inscrite au CPER 2015-2020, avec un budget prévisionnel d’un peu plus de 33 M €, tout comme le développement de la ligne dans sa partie péri-urbaine, avec une estimation de 44 M € pour les infrastructures et 45 M € pour les matériels et les investissements directs de la Région.