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Magazine Notre Région - n°218 Février 2010

n°218-Février 2010

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Conseil Regional Conseil Economique et Social

Observatoires : sur la route de la lumière

Recherche et ouverture au public : les observatoires de Provence-Alpes-Côte d’Azur conjuguent pédagogie et science de pointe.

La nouvelle, publiée dans la prestigieuse revue américaine Nature, a rapidement fait le tour de la communauté astronomique mondiale... et régionale. VIMOS, petit dernier du laboratoire d’astrophysique de Marseille couplé au Very Large Télescope du Mont Paranal, dans les Andes chiliennes, a observé début septembre 2005 une pépinière de galaxies aux confins du visible... Révolution cosmologique : l’enfance de l’Univers – le fameux Big Bang – s’est faite dans un baby-boom d’étoiles et de soleils, deux à trois plus nombreux qu’on ne le croyait jusqu’alors...

L’instrument de la découverte, VIMOS, est un spectrographe construit au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille et intégré à l’Observatoire de Haute-Provence. Sa réussite signe une nouvelle page dans l’histoire déjà si riche de l’astronomie en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sans remonter à Pythéas, voyageur et astronome émérite, ni à Eiffel, qui construit en 1881 la grande coupole de l’Observatoire de Nice, les temps récents mettent de belles découvertes à l’actif de la région : en 1995, l51 Pégase b devient la première planète jamais observée en dehors du système solaire. A l’origine de l’observation, deux chercheurs basés à l’Observatoire de Haute-Provence, à Saint-Michel l’Observatoire. En 2002, une nouvelle exoplanète est pressentie, cette fois par le radiotéléscope du Plateau de Bure : elle tourne autour de Véga, plus brillante étoile de la constellation de la Lyre. Et en mai 2004, deux « Jupiters très chauds » viennent enrichir le palmarès de l’OAMP*.

Ciel dégagé, temps clair

Cette moisson de découvertes, les chercheurs régionaux la doivent à la double conjonction, dans le ciel astronomique de Provence-Alpes-Côte d'Azur, d’une tradition d’observation et de lieux appropriés. Les trois grands pôles régionaux – Marseille, Nice, Plateau de Bure – bénéficient ainsi de conditions exceptionnelles en France. Sous le ciel de Saint-Michel l’Observatoire, au cœur de la forêt luberonaise, l’Observatoire de Haute-Provence bénéficie, 230 nuits par an, d’un ciel dégagé. A 2 500 mètres d’altitude, l’Observatoire du Pic de Bure tourne, lui, ses six antennes argentées vers la voûte étoilée. A Grasse, le laser-lune du Plateau de Calern mesure, nuit claire après nuit claire, la distance de la Terre à la Lune... A mi-chemin entre pôles de recherche et grands centres d’acquisition (Hawaï, Afrique du Sud et Chili), les observatoires régionaux sont un patrimoine exceptionnel. A l’Observatoire de Nice, Jean-Louis Heudier explique : « l’observatoire du Mont Gros reste le plus beau au monde ; l’endroit est idyllique, sur la plus belle colline de Nice ». L’architecture, qui combine les prouesses d’Eiffel et de Garnier, accueillera bientôt les visiteurs : le projet d’Observatorium ambitionne en effet de devenir le premier maillon d’une chaîne de lieux ouverts à la culture. Les travaux d’aménagement ont commencé avec l’aide de la Région. Fin 2006, le « Grand Méridien », enfin restauré, sera ouvert au public. Les instruments de l’Observatoire – et parmi eux la plus grande lunette astronomique au monde – peuvent d’ores et déjà êtres visités. 

Astronomie et culture scientifique

A côté de la science de pointe, donc, une place pour la culture et la passion du ciel... La route de la lumière en région, balisée pour l’heure par les astronomes amateurs et les astrophysiciens de Provence-Alpes-Côte d’Azur, passe par l’Observatoire de Haute-Provence, près de Manosque, labellisé « station de nuit », l’Observatoire du Mont-Gros à Nice et sa dynamique association PARSEC, le Pic de Bure à Saint-Etienne en Dévoluy dans les Hautes-Alpes, l’Observatoire de Calern, non loin de Caussols dans l’arrière-pays grassois et l’Observatoire du Plateau Longchamp à Marseille avec l’association Andromède... En restructuration, ce paysage de l’astronomie régionale mettra demain à la disposition de tous des lieux plus ouverts encore, conçus dans un souci de culture scientifique : Observatorium de Nice, projet Château-Gombert pour l’OAMP*, projet Quasar dans le Haut-Buëch... Des projets structurants à l’échelle des territoires. Des initiatives soutenues, voire conduites, par la Région.

* Observatoire Astronomique Marseille Provence

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En savoir Plus

Expositions, rencontres, scolaires

Les différents observatoires s’ouvrent toute l’année largement aux scolaires comme aux adultes. Renseignements et horaires : www.obs-nice.fr www.obs-hp.fr www.astrorama.net www.oamp.fr

Les actions de la Région

VIMOS, made in PACA

C’est au Chili que le spectrographe VIMOS a réalisé en septembre 2005 sa grande découverte ; mais c’est en Provence-Alpes-Côte d’Azur, et plus précisément au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (LAM), qu’il a été construit. La Région est de l’aventure. Elle a financé pour moitié la construction du hall d’intégration et contribué aux études de l’appareil, par la prise en charge – à moitié également – du salaire des chercheurs post-doctorants.

Observatoire des Sciences de l’Univers

Provence-Alpes-Côte d’Azur est maître d’ouvrage de la construction du nouveau site de l’astronomie marseillaise, à Château-Gombert. Prévue pour regrouper les laboratoires de Longchamp et du LAM, le bâtiment accueillera près de 200 chercheurs, ingénieurs et personnel administratif et devrait permettre l’accueil de nouvelles équipes de recherche ainsi que le développement de missions d’enseignement supérieur en relation avec l’Université de Provence. Le coût de l’opération, figurant au Contrat de plan Etat-Région, est de 21,236 M€. La Région interviendra à hauteur de 9 M€.

Observatorium de Nice

La conservation, la mise en valeur et l’enrichissement de ce patrimoine dont l’Observatoire de la Côte d’Azur est propriétaire seront les premières missions de l’Observatorium. La Région participe doublement à l’émergence de ce pôle de culture scientifique : maître d’ouvrage de la première tranche des travaux sur le Mont-Gros, elle participera à la rénovation des bâtiments, la mise aux normes et la constitution du musée d’astronomie ; elle financera par ailleurs le relogement du personnel de l’Observatoire dans un nouveau bâtiment, construit sur la colline niçoise. Sa part dans l’opération se montera à plus de 1M€.

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