
Pièces uniques de ferronnerie, les campaniles, simples ou richement ornés, protègent du vent les cloches qui nous bercent de leur chant.
Le saviez-vous ? Campanile signifie clocher en italien… En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les campaniles se distinguent de ceux d’Italie et d’Espagne. Ces clochers dédiés à l’appel à la prière datent parfois du VIIe siècle. Ce sont généralement des constructions en pierre, romanes ou gothiques, distinctes des églises. La tour penchée de Pise, en Toscane, est l’une des plus connues.
En revanche, dans les communes provençales et azuréennes, les campaniles prennent l’apparence de cages en fer et adoptent, à partir du XVIIe siècle, la fonction de support à cloche, indifféremment sur les tours de l’horloge, les églises, les mairies ou les beffrois. Le choix du métal et de la structure aérée se révèle parfait pour résister au puissant mistral.
Aujourd’hui, on dénombre, répartis de façon hétérogène sur nos six départements, plus de 250 ouvrages, tous plus originaux les uns que les autres.

C’est dans le Var qu’ils sont les plus nombreux – près d’une centaine. À Toulon, la tour carrée de l'arsenal soutient un très bel exemple classique de campanile couronné. Celui de type ornemental de l’église de l'Assomption, au Beausset, supporte quant à lui cinq cloches, une exception. Les Arcs, Carnoules, Draguignan, Ginasservis, Gonfaron… bien d’autres villes ou villages varois sont fiers d’en posséder un.
Une des particularités des campaniles vauclusiens est d’être en fer forgé. Apt en compte trois à elle seule sur un département qui en abrite soixante-dix. Unique en son genre, celui de Lacoste, de forme bombée, repose en équilibre sur quatre colonnes en pierre du beffroi. À Pernes-les-Fontaines, le campanile de la fin du XVIII e siècle situé en haut de la tour de l’horloge du château des Comtes de Toulouse représente dans ses voluptueuses formes la reine Jeanne, souveraine du Comtat au XIV e siècle.
La cinquantaine de campaniles des Bouches-du- Rhône illustre également toute une diversité de formes et de styles. De type très épuré, celui de l’église Notre-Dame de l'Assomption, à Calas, ne se compose que de quelques arceaux de métal, d’une toute petite cloche et d’une girouette. Le point final de cette oeuvre particulière : une silhouette métallique de chèvre essayant de brouter la girouette. D’un tout autre genre, le campanile de l’église Notre-Dame de Grâce à Eyguières est tout bonnement cylindrique. N’hésitez pas à chercher ceux d’Aix-en-Provence, mais aussi de plus petites localités, comme Entressen ou Mimet.
La trentaine de campaniles des Alpes de Haute-Provence n’est pas dépourvue d’originalité. À Manosque, par exemple, celui de la porte Soubeyran ressemble à un bulbe. Construit en 1830, sa forme en poire rappelle l'enceinte de la vieille ville. À Sigonce, le campanile de la tour du château prend cette fois-ci l’allure d’une demisphère. Castellane, Digne, Quinson… la recherche de clochers dans ces communes se révèlera également fructueuse.
Au nombre d’une quinzaine, les campaniles des Alpes-Maritimes sont bien souvent de type ornemental, très travaillés, richement ornés et finement ciselés, avec girouette et croix au sommet. Ne manquez surtout pas de contempler celui de la tour de l’horloge de Gréolières, daté de 1851 sur sa girouette, ou encore celui en forme de cube de l’église de Saint-Vallier-de-Thiey. Les autres clochers attendent votre visite à Antibes, Bézaudin-les-Alpes, Biot, Grasse ou encore Mougins…
Si les Hautes-Alpes ne comptent qu’une poignée de campaniles, il ne s’avère pas moins divertissant et instructif d’aller les observer. Aspres-sur-Buëch est fière d’afficher son clocher à la forme pyramidale peu courante du haut de la tour de l'horloge, elle-même située sur une butte dominant le village. Le campanile de Serres est également une très belle oeuvre ornementale de la fin du XIX e siècle, fixée en haut du Portalet, le beffroi carré du village.
Après un tel périple, la multiplicité des formes de ce riche patrimoine architectural et religieux sera gravée dans votre mémoire. La liste est pourtant loin d’être complète. Bien d’autres campaniles, de type cosmologique ou campanulé par exemple, sauront vous attirer à eux par le chant clair et lointain de leurs carillons.

L'École d'Avignon oeuvre pour la conservation et la réhabilitation du patrimoine architectural des villes et des villages. Une partie des études, des conseils et des formations de l’établissement concerne le bâti ancien dont les campaniles font partie. Les élèves apprennent ainsi à rénover les clochers de fer en atelier, mais aussi sur site.
En vingt ans, l’École est devenue un centre de ressources à rayonnement international disposant d’un large panel de compétences à destination de trois catégories d’acteurs : la maîtrise d’ouvrage, la maîtrise d’oeuvre et le secteur de l’exécution.
Pour en savoir plus : École d'Avignon. Tél. : 04 90 85 59 82.
L’inventaire général recense, étudie et replace dans un contexte historique et sociologique les édifices et les oeuvres pour les faire connaître aux générations futures. Publics, les résultats sont consultables en ligne, dans les services appropriés ou dans des publications. Ces précieuses données servent de base de réflexion pour des travaux de protection, de documentation ou encore de valorisation d’itinéraires touristiques.
Renseignements: patrimages.regionpaca.fr